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journal d'atelier  

SABA Freiburg 100


C'est ici un dossier spécial que celui du Freiburg 100. Tout collectionneur de postes Allemands sait que le Freiburg est, depuis 1956 la "rolls" du poste de radio, le top de la technicité et surtout de la musicalité. Tous les constructeurs Allemands ont tenté de rivaliser avec le bijou de SABA, à ma connaissance aucun n'a su le surpasser. Bien sûr j'ai voulu moi aussi avoir un Freiburg. La chance a voulu que je puisse en récupérer deux. Le mythique automatic 3DS, le premier récepteur radio avec une recherche automatique des émetteurs et une télécommande à fil. En 1954 ! A des années lumières de nos productions nationales (sans pour autant les dénigrer, surtout en terme de performances de réception).

Le 100 est le premier "stéréo", c'est à dire que la partie amplification finale est stéréo, le récepteur radio reste monophonique. Cependant il est relativement aisé de modifier ce poste, sans lui faire perdre de ses performances, en étendant le bande FM jusqu'à 108MHz et en greffant un petit décodeur stéréo transistorisé. Ce montage respecte les caractéristiques d'origine, car la version export possédait naturellement une bande FM 88~108 simplement en changeant le diamètre de la poulie commandant le noyau plongeur et, bien sûr, en utilisant un cadran à échelle appropriée. Quant au montage du décodeur, il n'empêche pas un fonctionnement en mode mono originel.

Ce montage a déjà été effectué sur le Meersburg 125 présent dans cette collection, et procure un résultat très proche du son naturel.
Une autre caractéristique essentielle de cet appareil est la présence des 5 HP "green cone" à moteur alnico, des reproducteurs recherchés pour leurs performances époustouflantes, des sauvages rachètent les postes pour en extraire les HP et les monter dans des enceintes autonomes. Quel gâchis !!

J'ai récupéré celui-ci pour une somme dérisoire, ce n'est pas l'affaire du siècle, le vendeur m'ayant honnêtement prévenu que son appareil était en panne, la première photo reçue avant l'achat me permettant de savoir que la panne serait très probablement fort sérieuse, une pièce maitresse étant vraisemblablement détruite.

Ce chapitre est spécial, je vais tenter de raconter étape après étape, la reconstruction de cet appareil

Etape 1 : les outils de prise de décision (les premières photos)

Voilà les photos envoyées par le vendeur. Elles permettent de vérifier que l'appareil est complet, hormis une touche clavier manquante (possiblement tombée dans la caisse) et deux autres, remplacées par des touches de Wildbad (plus jaunes que les touches crème des Meersburg/Freiburg) Cet appareil a donc été vu par un technicien depuis sa mise en service.
La photo de droite est très intéressante, elle donne un excellent aperçu de l'engin, premier constat, l'entreposage a été de bonne qualité, l'aspect des cônes de HP montre parfaitement l'absence d'humidité.

La photo du centre, en revanche, assombrit considérablement le tableau : la trace brune sur le carton du transformateur d'alimentation ressemble à s'y méprendre à la coulure du vernis de protection du bobinage, ce qui signifie la destruction de ce dernier, la pire panne parce que la pièce est quasiment introuvable, et que cela coûte une petite fortune de faire rebobiner un TA.
Toutefois, considérant le prix de cession, l'opération est néanmoins intéressante, au pire cet appareil peut devenir une excellente banque de pièces. Décision a donc été prise de concrétiser la transaction.

Etape 2 : le tour du propriétaire

Voilà, le poste est enfin arrivé (il s'est passé six semaines). Visuellement ce Freiburg est conforme aux photos reçues, l'état cosmétique est très bon, même si pas exceptionnel : il y a quelques éclats sur le vernis, essentiellement sur le bas de la caisse, c'est peu 50 ans plus tard.
Un peu d'inquiétude en retirant le panneau arrière (le "dos"), juste pour voir à quoi ressemble le TA. Il y a une lampe de cassée, mais tout le reste est à sa place.
La photo ci-dessous ne laisse subsister aucun doute, le transfo a salement brulé, il n'est pas pensable de le mettre sous tension : ce poste ne refonctionnera plus, sauf à trouver un nouveau transformateur. Reste à approfondir les investigations, il faut impérativement savoir ce qui a pu provoquer cette destruction quand même plutôt exceptionnelle.

   

Etape 3 : un premier nettoyage, un examen minutieux, un premier diagnostic

Les photos montre l'étendue des dégâts, mais rien n'explique ce qui a pu se passer. A priori on peut supposer une erreur de manipulation ayant provoqué un super court circuit. Il faudrait démonter le transformateur pour savoir quelle partie a été mise en CC et a fait fumer l'ensemble. Ce genre de résultat se produit lorsqu'un "dépanneur" remplace le fusible de protection par un trombonne...

Pour le reste, un grand dépoussiérage a confirmé l'excellent état du poste, aucun cable abimé, toutes les commandes mécaniques fonctionnelles, y compris le coupleur qui permet le changement d'aiguille de cadran. Il ne faudra qu'un peu de lubrifiant pour redonner son lustre au clavier. C'est déjà ça.

Etat général, défauts constatés Panne générale d'alimentation, transformateur HS, traces de brûlures autour du filtrage, self de filtrage douteuse, pont de redressement dessoudé
L'alimentation Totalement hors service
La BF

?

La HF

?

La panne Remplacement préalable du TA
Commentaire / analyse  
Pièces remplacées Transformateur d'alimentation
Electro aimant du circuit d'allumage
2x EL84
1x EM84

Etape 4 : transplantation

La bonne nouvelle arrivera quelques jours plus tard, avec la proposition de rachat d'un meuble type Lindau, contenant exactement le même châssis radio. En prime un jeu de HP pour refaire les enceintes du Studio A (ampli tuner à base de Freiburg 14) et un tourne disques compatible, pour compléter le gros Phonosuper qui attend depuis une paire d'années. Et, cerise sur le gâteau, déjà de la demande pour piocher dans la banque d'organes, ici le moteur de recherche automatique. Autre pièce très prisée, le cadran en verre, très souvent cassé lors des transports, comme c'est le cas de mon Studio A (encore en attente). Aux dernières nouvelles, les deux transfos de sortie ont été greffés sur un autre Saba.
Le temps d'attendre la livraison des précieuses pièces et la restauration va pouvoir commencer.

Une fois les précieux éléments récupérés, j'ai pu procéder à une transplantation immédiate d'organe en remplaçant le gros transfo d'alimentation, opération sans anicroche. Evidemment l'impatience m'a commandé de faire un essai préalable. J'ai du actionner à la main le relais de démarrage, l'électro aimant n'étant guère coopératif. Mais une fois sous tension, bonheur, le récepteur était intact et a fonctionné toutes gammes. Certes ce n'est pas encore le grand son SABA, mais tout est permis il faudra préalablement remplacer une trentaine de condensateurs papier qui ne demandent qu'à fuir.

 

 

Le Coudray TSF V3.
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5/01/14