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Avant de vous lancer dans une quelconque restauration, prenez le temps de lire ces quelques lignes, elles résument toutes les erreurs que j'ai pu commettre ou que j'ai aidé à corriger. Il y a des étapes à accomplir dans un certain ordre, s'y soustraire c'est la garantie d'emm... ultérieurs qui ne manqueront pas de vous pourrir la vie !

1 Identifier.
Sitôt en possession de votre poste, commencez par l'identifier avec certitude. Ma collection étant modeste, privilégiez des sites "bibles" comme doctsf.com ou radiomuseum.org, ils recensent une formidable quantité de postes, doctsf est plus spécialisé dans les appareils français mais s'est largement ouvert aux productions internationales, radiomuseum est la plus grosse banque d'informations, au moins européenne, mais y trouver son bonheur est déjà plus complexe.
Normalement, chaque poste de radio, depuis +/- 1933 est équipé d'un cache arrière en carton, si l'appareil est de marque confirmée, le constructeur y a fait inscrire un certain nombre d'informations, à commencer par sa référence modèle exacte. Il y a souvent l'indication A ou U dans l'identifiant du modèle.

Les "A" identifient des appareils à courant alternatif ("W" pour les postes allemands), les "U" signalent les "tous courants". Ces derniers sont extrèmement dangereux car leur châssis métallique est directement relié au secteur, le toucher c'est risquer immanquablement un choc électrique. Pour info, il existe des U alternatifs, mais pour faire simple nous allons les oublier aussi. Une fois le récepteur clairement identifié, reportez vous sur un site bible (cf ultra), vous recueillerez un certain nombre d'informations précieuses telles que le jeu de lampes et les caractéristiques spécifiques.

2 Mémoriser.
Il est illusoire de croire se contenter de sa mémoire visuelle
Il est impératif de créer une fiche par appareil, soit dans un cahier, soit sur une feuille mobile à ranger dans un classeur.
ET SURTOUT il faut accompagner cette fiche d'un bon et solide dossier photos !! Avec le numérique, cela ne coute plus rien, autant en profiter. Nous allons commencer par l'extérieur, à photographier sous toutes les coutures. Puis une toute première étape sera franchie lorsque vous aurez retiré le panneau arrière, vous pourrez alors photographier le châssis vu de dessus "dans son jus".
Vous vous ferez une idée de l'équipement en apprenant à reconnaitre et à vous familiariser avec les principaux composants : les lampes, le haut-parleur (HP), le condensateur de filtrage, le condensateur variable (CV), le transformateur d'alimentation (TA), le transformateur de sortie (TS), l'antenne AM incorporée (cadre à air ou bâton ferrite). C'est à peu près tout ce que l'on peut voir à ce stade.

Cadre à air
Cadre à air (Clarson)
Antenne ferrite
Antenne ferrite (Blaupunkt)

 

3 Ouvrir.
Il faut maintenant retirer le châssis de son coffret. Les appareils français (tant pis je ne vais pas me faire beaucoup d'amis) sont réputés pour la complexité de leur montage, contrairement aux allemands qui n'ont besoin que de 4 vis ! De toute évidence les constructeurs nationaux ont estimé leur production indestructible ou ont préféré ignorer les galères des dépanneurs...
Basta, on va faire avec !
Un petit coup d'oeil suffira pour comprendre que les boutons de réglage sur la face avant (au moins 3) ont leur axe qui traverse le boitier. Cela veut dire qu'il faudra retirer les boutons avant de tirer le châssis vers l'arrière. Ces boutons tiennent par une petite vis qui se trouve à l'arrière du bouton. Attention, d'une manière quasi systématique les vis sont grippées, les forcer est la certitude de casser le bouton. Pour éviter toute complication, je conseille d'envoyer une giclée de WD40 dans chaque trou de vis et d'attendre une bonne heure avant de tenter la manoeuvre.
Une heure plus tard (si tout va bien) les boutons sont partis, on peut passer à l'arrière. Il y a deux vis bois qui maintiennent le chassis, ou il y a 2, 3 ou 4 vis sous la caisse. Les retirer avec précaution.
Toute pièce démontée doit IMPERATIVEMENT être placée immédiatement dans un sac plastique, j'utilise des sacs de congélation zippés qui contiennent déja le bristol mentionnant la marque et le modèle.
Une fois cette étape franchie, on va essayer de tirer doucement le châssis vers l'arrière et regarder ce qui se passe :
- le panneau avant bouge en même temps : cela signifie qu'il est solidaire du châssis, normalement tout vient ensemble, à condition qu'il n'y ait pas une traitresse de vis tout en haut du panneau, en plein milieu (certains ont poussé l'audace jusqu'à 3 vis!!). Vous vous en sortez bien ! Parfois il y a sous le châssis une petite trappe de visite fermée par un carton perforé : attention, ,il y a souvent un câble qui relie ce carton au châssis de l'appareil, il faut le désolidariser !
- le panneau avant ne bouge pas : il est solidaire de la caisse, par conséquent il faudra désolidariser le HP (sauf si les fils sont assez longs pour sortir le châssis malgré tout). Il faudra également penser à retirer ll'oeil magique qui est solidaire du panneau avant. Sur les postes d'avant 54~55, c'est un gros tube rond, perpendiculaire au panneau, il peut être tenu par deux tiges filetées (il faudra retitrer les deux écrous) ou être pris en sandwich dans un support en ferraille (dans ce cas, la caoutchouc antiglisse est desséché et le tube reste collé au support, il faut lui imprimer un mouvement de rotation en tenant le tube par l'ampoule, jamais par le culot noir).
Sur les postes d'après cette date, c'est un petit tube maintenu sur le panneau par un ressort, il suffit de le faire glisser en le tenant côté fils et il vient très aisément (attention, une fois retiré, le ressort à une fâcheuse tendance à revendiquer son indépendance, heureusement qu'il y a la pochette plastique !!). Il peut se produire que rien ne bloque la sortie depuis le panneau avant, et malgré cela le châssis reste résolument bloqué : la cause première est que ce châssis repose sur des caoutchoucs qui ont collé avec le temps : solution : soulever le châssis avec un tournevis faisant office de levier.

OM_1
EM4 (Derveaux)
OM_2
EM34 (Schneider)
OM_3
EM81 (Philips)
OM_4
EM 84 (Schaub Lorenz)

 

4 Compléter.
Le moment est venu de compléter notre dossier photos en photographiant le châssis par dessus et par dessous, surtout par dessous.
Mais là, attention, poser le châssis à l'envers peut provoquer des dégâts irréparables ! Il est préférable de mettre le châssis verticalement en s'assurant d'une bonne stabilité) le temps de réaliser ses clichés, aussi nets que possible, n'oubliez pas que tous les APN sont équipés d'une position macro qui permet de faire des photos nettes à courte distance.
C'est enfin le moment de compléter la fiche de l'appareil, en notant toute anomalie visible : tube radio manquant ou cassé, fil(s) coupé(s), HP abimé, composants suspects (coulures, cassures etc.)

épave
Quelquefois la liste est longue... (RD Radio)
Heureusement celui là ne m'aura couté que 50 centimes !!!

5 Nettoyer (I)
Il est temps de procéder au premier nettoyage de l'appareil, celui-ci sera superficiel, il suffira amplement pour dresser un état des lieux complet et évaluer une première estimation de la restauration.
Je procède avec un jeu de pinceaux, tous à poils longs mais de taille différentes, de préférence avec de grands manches. Ne pas oublier l'aspirateur car la poussière n'aime pas être dérangée et part immédiatement trouver refuge loin du pinceau, par exemple dans vos poumons !
Les poils longs sont préférés pour éviter d'arracher un fil fin, notamment près du bloc d'accord ou de l'antenne ferrite. Le dépoussiérage du châssis permettra de vérifier la présence éventuelle de rouille. Nous en profiterons pour examiner les différentes lampes, mais attention ! elles sont du genre fragile, très fragile même si elles sont montées sur des culots bakélite. De même, les tubes anciens des postes d'avant guerre avaient une tétine sur leur dessus : si la tétine a perdu sa brillance, c'est probablement du à une oxydation, tirer sur le cable risque d'arracher la tétine et d'expédier ainsi le tube dans la plus proche poubelle. Il est préférable de prendre une lame de couteau et d'écarter délicatement la griffe qui enserre la tétine.
Un réflexe bien naturel est de laver les tubes pour les décrasser et leur rendre leur brillance.
Oui, sauf que, neuf fois sur 10 ça efface du même coup la référence de la loupiote et après, bonjour !
Comme tout le monde, je lave mes tubes, mais un après l'autre, et avant d'effecture le lavage complet, je réécris la référence du tube au moyen d'un feutre à encre permanente ou avec de la peinture dorée, ça tient très bien.
Profitez en pour dresser un petit croquis d'implantation en notant bien la reférence et la position de chaque tube, sachez que sur n'importe quel bon forum, en donnant le jeu de lampes, on vous dira avec un minimum de risque d'erreur où les replacer.
L'intérieur, c'est bien, l'extérieur mérite aussi attention et soins. Le moment est venu de reprendre le tuyau de l'aspirateur, et de nettoyer l'intérieur du coffret. Cela vous permettra de vérifier que votre jolie caisse n'est pas un excellent garde-manger pour les asticots à bois. Astuce du jour : si le bois est infesté de vrillettes ou autres, une méthode efficace pour s'en séparer est de placer la caisse en bois pendant 48h dans un congélateur, le divorce sera prononcé sans juge ni avocat !!

ATTENTION ! Le gros piège de ces engins est le cadran : il a accumulé 1/2 siècle de crottes de mouches, goudron de cigarettes, poussières diverses, bref, il est quasi illisible. Un petit coup d'ajax vitres et la messe est dite : vous vous retrouvez avec une belle plaque de verre et c'est au fond de l'évier que vous voyez filer les stations : le poste est irrémédiablement foutu !!!!!!
Le remède ? Ne lavez que la face extérieure du cadran, jamais sous un robinet. Une fois la face externe propre, à vous de juger si le cadran est lisible ou pas. Vous pourrez éventuellement faire un essai de l'autre côté, à l'aide d'un coton tige et de l'eau à peine tiède, sur un coin qui ne risque pas grand chose : si la sérigraphie résiste, essayez d'avancer, toujours très doucement, toujours sans produit chimique ; si ça "tient" balayez sans appuyer avec un pinceau très doux. En revanche, si le moindre contact humide fait filer la peinture, contentez vous de nettoyer le disque derrière lequel s'illumine l'oeil magique, cela préservera la lecture du cadran et par le fait la valeur de votre appareil. J'ai connu le désastre avec un cadran de Schneider Fidelio, un Poler, un précédent propriétaire s'était également occupé d'un Vitus à ce jour non identifié.

saba saba
Celui-là vient des Hauts de France, plus précisément de la région minière, il est arrivé avec les scories locales, il aura suffi de le passer à la soufflette pour en obtenir le résultat de droite, en effet la poussière avait entièrement protégé l'appareil de toute corrosion, heureuse surprise !! (SABA Villingen 16)

Maintenant que tout est clair, il ne reste plus qu'à consigner vos investigations sur la fiche dossier de votre poste, si vous vous sentez capble d'affronter l'électronique, il va falloir consulter la deuxième partie.
Mais auparavant, si par hasard, par pur hasard..., vous rencontreriez quelque doute, voyez ci-dessous, j'ai retrouvé un poste qui n'avait pas encore suivi cette procédure, je l'ai pris par surprise et en ai tiré quelques photos ;-)

 

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Le Coudray TSF V3.
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6/07/17